Résidence de tourisme, Arcachon

200 logements, wellness, activités, parking

Maître d'ouvrage : Kaufman & Broad

Statut : Mandataire

 

Projet : Concours 2016

Surface : 10 000 m²


Environnement : Imaginer un projet à Arcachon représente un privilège pour une agence d’architecture. Peu d'endroits au monde peuvent s'enorgueillir d’offrir autant de qualités dans un espace aussi concentré : trésors de nature et d’histoire, savoir vivre légendaire, quiétude des grands espaces, convivialité d’un urbanisme à échelle humaine. Les assauts incessants du reste du monde, depuis la guerre de 100 ans jusqu'aux invasions de touristes actuelles, témoignent d’un attrait qui connaît peu d’équivalents.

Et pourtant la région résiste, magnifique, authentique, entre la plus grande forêt d’Europe et un littoral grandiose.

 

Esprit : Cernée par la nature, la ville d'Arcachon saisit instantanément le visiteur et l'emmène en voyage. Dans le temps d'abord, celui du grand siècle qui l'a vu naître et lui a légué tant de patrimoine architectural et urbain.

Dans la mer ensuite, où les souvenirs de plage se bousculent et le regard se perd au loin.

Dans l'assiette enfin, où l’océan et la vigne partagent leurs trésors avec les gourmets.

 

Site : Le sud‐est de la ville marque une limite, à l'endroit précis où doit se développer le projet, là où la forêt s’immisce entre les derniers pavillons : l'horizon du bassin s'ouvre alors sur les bancs d'Arguin, le Cap Ferret et au -delà l'Océan.

En ces confins de ville, entre Arcachon et le Moulleau, la nature reprend peu à peu ses droits, même si la mer reste encore calme. Nous ne sommes pas encore à la merci des puissantes vagues de l’Atlantique.La plage invite à la détente et au loisir.

 

Parcelle : L’environnement immédiat du projet est idyllique : Une lisière de forêt bercée par la douceur océane, fraîche l’été et douce en hiver. Mais la présence à proximité d’une voie passante entre Arcachon et le Pylat pose des questions. Dans un environnement pavillonnaire dominé par la nature, comment implanter une résidence sans dénaturer le lieu ?

 

Enjeux : Le projet sera très discret, presqu’invisible, dans sa volumétrie et dans son expression formelle locale. Il doit organiser le vivre‐ensemble d'une communauté de résidents permanents et occasionnels dans un havre de paix, mais aussi leur permettre de faire la fête sans déranger le voisinage. Pour les habitants, il sera possible en quelque pas d’aller partager un moment de convivialité autour d'un verre à la piscine, ou bien de retrouver l’intimité de la famille dans la quiétude de la nature environnante.

 

Stratégie : Le projet propose une architecture très basse (R+1 et combles) en retrait de la voirie, dont la disposition en enclos délimite un grand jardin privatif au calme, cadré sur le ciel et la canopée des pins. L’aménagement paysager de ce patio accompagne le terrain naturel en cuvette, et permet d’orienter l’essentiel des appartements en surplomb des aménagements paysagers. En contrebas, la piscine prend la forme d’un bassin naturel bordé d’une plage sur son pourtour.

 

Paysage et aménagements extérieurs : La végétation luxuriante du patio associe une strate arbustive fournie (fougères) et une strate arborée de pins de haute tige : un morceau de forêt des Landes.

Pelouse ou prairie entre la piscine et l’allée pavée de pierre, la végétation s’épaissit et monte en pente douce vers les terrasses des logements attenants. Chaque appartement dispose d’un petit jardin privatif délimité par une clôture en ganivelles noyée dans la végétation, et d’une terrasse en bois à l’air libre qui se prolonge en une grande loggia abritée du soleil et de la pluie. Toutes les pièces de vie, séjours et chambres, ouvrent sur cette loggia.

 

Accessibilité : Les parkings sont aménagés sous le dénivelé de la route, dans les espaces aveugles. Ils sont reliés directement aux appartements de chaque niveau et aux patios de distribution des étages.

De cette manière, chacun peut avoir accès à son véhicule à proximité immédiate de son logement.

 

Espaces partagés : Le jardin est ouvert à l’ouest, côté mer. C'est là que se trouvent les espaces de convivialité à l'articulation du projet et de l'accès à la mer : Une place ombragée plantée de pin accueille les résidents à leur retour de la plage, et les guide vers les espaces de service : accueil au rez‐de‐chaussée, bars avec terrasses et salles communes dans les niveaux gradinés ; Espace de détente et jacuzzi sur le toit avec vue sur la mer. Salles de séminaires et spa en rez‐de‐jardin.

 

Futur accès mer : Sous la place, un passage accessible directement depuis le jardin distribue un patio planté autour duquel sont organisés les espaces communs. Nous avons imaginé proposer pour plus tard la possibilité prolonger ce passage sous la route, pour permettre de relier directement le jardin à la plage et éviter aux familles et aux enfants de traverser la route 10 fois par jour. Il pourrait alors être sécurisé par un badge.

 

Accès Technique : Au fond du jardin, coté est, un passage privatif entre deux bâtiments donne accès au parking extérieur et aux parkings enterrés. C’est par là qu’on arrive lorsque l'on vient en voiture. L’accès technique se fera également par là.

 

Étages et toitures : Dans les étages supérieurs, d'autres appartements trouvent place au premier étage, à distance des possibles nuisances de la route et du voisinage. Un accès extérieur direct leur permet de rejoindre le jardin‐patio et la piscine, mais aussi la toiture ou se trouvent des maisons individuelles avec toitures à deux pentes, disposées au milieu de grandes terrasses en toiture.

Distribution : Les circulations verticales prennent la forme de grands escaliers extérieurs dans des patios plantés. Ces respirations permettent d’offrir de la lumière naturelle et de la ventilation aux pièces secondaires des appartements, mais aussi aux parkings. Pour des raisons d’accessibilité, les logements adaptés aux personnes à mobilité réduites sont concentrés au niveau des rez‐de‐chaussée et de jardin.

 

Gestion des dénivelés : Dans le patio, les constructions comportent un étage supplémentaire de fait du décaissé de la parcelle actuelle, et de la différence de niveau entre les voies et le jardin. Cette particularité permet d'orienter un maximum d'appartements vers le jardin, tout en veillant à la convivialité du lieu, et sans hauteur supplémentaire perceptible depuis le voisinage. Les appartements du premier étage sont disposés en retrait, derrière des terrasses de 2,50 m de profondeur. Les garde‐corps en bois sont agrémentés de plantes en pots de terre cuite qui permettent de protéger l’intimité des terrasses en contrebas.

 

Matérialité : Les aménagements résidentiels apparaissent comme des constructions légères en bois de style Arcachonien, perdues dans la nature. Les débords de terrasses ne sont pas sans rappeler les cabanes en pin des Landes. Les garde‐corps en bois ouvragé évoquent les façades victoriennes et certains pavillons de la ville d'hiver. Les toitures en tuiles claires et à débords sculptent le ciel tout autour du patio.

 

Construction : Dans le cadre d’une approche environnementale vertueuse, le projet privilégie la filière sèche et les matériaux locaux. La filière sèche permet une empreinte carbone plus vertueuse, une plus grande rapidité du chantier, et moins de nuisances (bruits, transports) ainsi qu’une plus grande sécurité du chantier. Les produits régionaux, notamment le bois, optimisent l’énergie grise (production, transformation, transport, et le cas échéant entretien, démontage / recyclage).

Ils privilégient aussi des emplois non délocalisables.

 

Conclusion : Aujourd’hui, la pénurie de logements représente un enjeu national majeur, particulièrement dans les communes ou la pression foncière est forte. Superposée aux enjeux de la protection de l’environnement, la question d’un aménagement dense, seul capable de réduire la circulation automobile, se pose en termes sociétaux : comment densifier la ville, donc l’offre de services et espaces publics, sans dénaturer l’environnement urbain ? Comment éviter l’étalement pavillonnaire et à la fois intégrer la nature en ville ? Le projet que nous proposons se place au cœur de ces préoccupations pour tenter d’apporter les meilleures réponses possibles à une problématique transgénérationnelle qui nous concerne tous. 

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