Immeuble de bureaux à Bordeaux
La halle G4 depuis l'espace public.

Complexes de bureaux : Hangars G4 et G5, Bordeaux

Maîtrise d'ouvrage : K&B Gironde

Mission : ESQ, APS, APD, DPC, PRO, ACT, suivi architectural

Projet : Livré en 2017

 

 

Budget : 10 500 000 euros HT

Surface : 9500 m²

 


Dans le cadre de l’opération de rénovation urbaine des Bassins à flot à Bordeaux, MOA Architecture et Kaufman & Broad Gironde ont été retenus pour concevoir et construire deux immeubles mixtes de bureaux et commerces.

L’ANMA, architectes-urbanistes de ce nouveau quartier, a conçu le plan-guide de manière à conserver le paysage urbain industriel dont a hérité ce secteur de la ville. Dans cet esprit, le gabarit des îlots dont nous avions la charge évoquaitles dimensions de hangars industriels avec ses 60 x 40 mètres environ dans une seule masse imposée avec un toit à deux pentes.

 

Deux parcelles nous ont été attribués sur un emplacement exceptionnel : le long de la rue Lucien Faure, donnant directement
sur les quais en nord de Parcelle.

Programme

La stratégie du plan-guide table sur des RDC actifs afin de dynamiser ce quartier en pleine renaissance.

Nos RDC viennent donc logiquement accueillir des commerces à 360° le long des façades. Les étages supérieurs sont dédiés à des plateaux de bureaux. Le programme requiert également des emplacement de parking pour les usagers des locaux créés.

 

 

La demande du maître d’ouvrage était de pouvoir louer des surfaces très différentes pour tout type de société. Le projet a donc été conçu avant de savoir quels utilisateurs finaux allait acheter les locaux. Une attention toute particulière a donc été portée à la flexibilité des espaces pour pouvoir répondre à cette demande et nous avons pensé les espaces de bureaux par modules de 300 m² combinables. Aujourd’hui les bâtiments accueillent des espaces de coworking (Mama Work) mais aussi des types de bureau plus classiques (OVH et IBM) et des bureaux recevant du public (Foncia).

Principes architecturaux

Le gabarit et en particulier la largeur de 40 m ne sont à priori pas adaptés à une trame de bureaux conventionnelle.

Une stratégie spatiale a été développée par l’équipe pour faire un projet qualitatif à partir de cette situation singulière.

 

Tirer parti de la profondeur

Étant situé en zone inondable, il était impossible d’enterrer les parkings. Ils sont disposés au RDC au cœur du gabarit, là où la lumière pénètre le plus difficilement. Les espaces éclairés sont ainsi offerts dans leur totalité à des programmes habités.

 

Participer à la vie de quartier

Au RDC, autour de ce cœur technique, des locaux d’activités sont déployés le long des façades afin de profiter au mieux de la situation de nos deux bâtiments dans l’espace public.

 

Offrir des espaces extérieurs

En partie haute, le projet alterne des barres de bureaux aux dimensions standards et des patios plantés d’arbres

de haute tige. Cette solution offre non seulement un bon confort lumineux à tous les postes de travail, mais aussi des espaces extérieurs intermédiaires entre le bureau et l’espace public.  Ces patios sont perchés en hauteur, éloignés du brouhaha des rues publiques.  Absent du programme originel, cet aménagement des espaces extérieurs est une attention supplémentaire que nous avons souhaité offrir, et le maître d’ouvrage nous a suivi. Ces espaces communs participent à l’amélioration des conditions de travail des usagers ainsi qu’à la communication interne des entreprises résidentes. Ainsi, dans les deux bâtiments, chaque lot de bureaux fonctionne autour de son patio afin de favoriser l’appropriation de ceux-ci.

Le G4 offre deux patios plantés. Le G5 possède un pont habité de 20 m de long qui enjambe l’immense patio central planté. Perchés sur ces patios, d’un bâtiment à l’autre, il est possible d’échanger des sourires et de signes.

 

Une des difficultés du projet était de ne pas connaître l’utilisateur final et la destination précise des espaces à concevoir. Cette complexité engendre des décisions spatiales et volumétriques mais également techniques. Où place-t-on les réseaux électriques, la ventilation, le désenfumage ?

L'enjeu est donc de libérer au maximum les possibilités d'aménagement :

  • Avec une structure ambitieuse, un système de pré-dalles qui permettent une grande portée de 13 m
    et la réduction du nombre de poteaux.
  • Avec un noyau central technique, qui sert également de contreventement et qui permet
    une ouverture complète des plateaux de bureaux.
  • Avec une organisation des réseaux placés perpendiculairement aux façades afin de pouvoir installer
    des cloisons librement et éviter les goulottes électriques le long des façades vitrées.

 

Tout cet effort pour libérer l’espace permet également de créer de la transparence, laissant passer le regard depuis les espaces les plus au sud jusqu’aux bassins au nord.

Le travail des façades

 

Les deux bâtiments partagent une volumétrie et un langage architectural commun. Leur identité commune se fait par leur rapport à l’extérieur et la matérialité de leur systèmes de façades :

 

RDC

Les rez-de-chaussée monumentaux sont vitrés toute hauteur (jusqu’à 5m de vitrages en acier). Complètement libérés de la structure, ils sont en relation directe avec l’activité des quais.

 

Des façades nord très ouvertes

Elle se résument à deux poutres treillis de 40 m de long, offrant une vue sans obstacle sur les bassins à flots de Bordeaux ainsi qu’un apport lumineux maximal. Ces poutres permettent au RDC d’être libre de tout poteau et d’avoir ainsi des vitrages continus sur toute la largeur. Les commerces peuvent ouvrir entièrement la façade vers la grande terrasse en bois situées devant les bassins.

 

Des façades sud plus opaques

Les façades sud recherchent une intimité vis-à-vis de la rue Lucien Faure très passante. Cela est rendu possible via un système de brise-soleils horizontaux en métal. Ils régulent l’apport en énergie solaire du bâtiment pendant l’été tout en assurant le confort visuel des usagers. Les lames horizontales sont placées intelligemment de manière à laisser passer le regard en position assise et debout.

 

Des façades latérales plus intimistes

En est et en ouest, les façades donnent sur les sentes et souffrent d’avantage de vis-à-vis du fait de leur faible largeur. Nous avons conservé les vitrages monumentaux toute hauteur en rez-de-chaussée pour une cohérence et une continuité des façades commerciales mais nous avons installé des bandeaux vitrés plus opaques avec allèges pleines dans les étages afin d’offrir plus d’intimité. Des marquises installées au-dessus des vitrages toute hauteur du RDC permettent une vraie séparation visuelle entre l’espace public et les fenêtres-bandeaux des bureaux.

 

La façade ouest du G5

Le G5 a la particularité de se trouver accolé à l’hôtel de luxe Radisson, le long de la sente la plus au nord. Il fallait éviter les situations incongrues mettant nez à nez des clients du spa de l’hôtel, serviette autour des hanches, et les usagers de nos bureaux qui auraient ainsi bien du mal à se concentrer à leur tâche. Pour cela, nous avons mis en place des brises soleil verticaux préfabriqués en béton. Ces brises soleil sont légèrement inclinés et protègent également de la lumière basse de l’ouest. Ils confèrent également à cette façade un aspect très expressif. Les jeux de lumière faisant écho à la façade de l’hôtel en résille de béton.

 

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